Lorenzo Vitturi: Jugalbandi | T293

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Lorenzo Vitturi, principalement connu comme photographe, présente aujourd'hui un projet, unique dans sa pratique artistique: des tapisseries faites à la main, réalisées avec des métiers à tisser traditionnels par des artisans traditionnels indiens. De plus, il explore pour la première fois en profondeur le concept de pratique collaborative dans la création d'une œuvre d'art.

Le spectacle s'intitule Jugalbandi, qui signifie en indien «jumeaux entrelacés» et est une performance musicale de deux personnes qui ne sont ni solistes ni accompagnateurs, faisant allusion à la structure choisie pour la création des œuvres, fruit d'un travail d'équipe fascinant entre Lorenzo Vitturi et les artisans indiens.

En voyageant à travers les communautés rurales et en rencontrant des tisserands locaux dans la région indienne du Rajasthan, Vitturi a été captivé par les assemblages sculpturaux que la vie du village crée inconsciemment, comme par exemple une balle de foin en équilibre précaire sur un pilier de porte, un tas de bols en terre cuite ou même un métier à tisser recouvert d'une bâche. Ces arrangements, photographiés par Vitturi lors de son voyage de recherche, constituent la genèse du projet.

Les sculptures urbaines sont ensuite abstraites en une série de fragments graphiques qui portent dans leurs contours une réminiscence de leur forme originale. Dans un second temps, les formes abstraites sont fusionnées pour créer une composition de champs de couleurs multicouches. En fin de compte, les fragments abstraits, entre les mains des artisans indiens, prennent véritablement la forme de tapisseries impressionnantes. En conséquence, chaque tapisserie incarne par sa présence texturée la richesse et la beauté de la vie du village et son doux esprit de devenir. Comme sur une carte, les lignes et les formes racontent une histoire où chaque contour a la même valeur; ils se cachent derrière une apparente abstraction qui raconte une histoire d'authenticité et de matérialité.

Pour la première fois de sa carrière, Vitturi délègue la phase finale du processus à une personnalité extérieure. Les œuvres, au-delà de la vision purement personnelle de Vitturi, portent aussi la sphère personnelle de l’artisan, car sur chaque composition, l’artiste a laissé des domaines dans lesquels les tisserands pouvaient intervenir non seulement avec leur technique mais aussi leur propre vision et leurs idées. Ce faisant, l'artiste consent que les sculptures ne soient pas seulement le résultat de sa propre recherche personnelle, mais élargit leur signification en permettant à chaque artisan d'exprimer son individualité sur chaque pièce. Dernier passage – mais non des moindres – de ce processus intense, l'artiste intervient sur les tapis en ajoutant des fragments de verre et de bois, originaires de sa ville natale, Venise. Si le verrouillage n’avait pas rendu les voyages inconcevables au cours des derniers mois, cette dernière étape se serait déroulée aux côtés des tisserands en Inde.

En conclusion, le résultat était un Jugalbandi, un dialogue numérique de deux auteurs mené pendant la période de verrouillage entre Londres et le Rajasthan, dans lequel les impressions graphiques de Vitturi, inspirées des formes et des textures recueillies pendant le temps passé dans le village, cohabitent et coexistent avec le monde esquissé par les tisserands. Les tapisseries vibrantes – résultat d'un processus intense entamé en novembre 2019 – sont, pour Vitturi, des cartes mentales d'un voyage toujours en cours.



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